Chute de 20 % ! Stellantis annonce un « retrait massif des véhicules électriques », enregistrant une perte de 22 milliards.

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Face à des coûts élevés et à des ventes de véhicules électriques faibles, le quatrième constructeur automobile mondial Stellantis reconnaît une erreur stratégique avec une dépréciation massive d’environ 22 milliards d’euros. Ce géant de l’automobile, qui possède 14 marques, a annoncé vendredi un ajustement complet de sa stratégie opérationnelle, du retrait de projets conjoints dans la fabrication de batteries à l’arrêt de la production de pickups électriques, marquant un retrait substantiel de ses plans d’électrification agressifs.

Selon Bloomberg, Stellantis prévoit qu’à la seconde moitié de 2025, sa perte nette pourrait atteindre 21 milliards d’euros, avec une marge opérationnelle annuelle à un chiffre faible, et annulera ses dividendes cette année. Cette dépréciation comprend environ 6,5 milliards d’euros en paiements en cash, principalement destinés à compenser les fournisseurs, ces coûts étant comptabilisés dans la seconde moitié de l’exercice 2025, sans affecter le chiffre d’affaires ajusté.

“Ces changements reflètent en grande partie le coût d’une surestimation de la vitesse de la transition énergétique,” a déclaré le PDG Antonio Filosa dans un communiqué. Il attribue la dépréciation à “l’impact de mauvaises exécutions opérationnelles antérieures, notre nouvelle équipe s’emploie à résoudre ces problèmes progressivement”.

Après l’annonce, le cours de Stellantis a chuté de 19% à un moment donné, la magnitude de la dépréciation dépassant les prévisions des analystes. En un an, l’action a déjà perdu plus de 40%.

Réduction complète de la stratégie d’électrification

Stellantis réduit systématiquement ses activités dans le domaine des véhicules électriques. La société a annoncé son retrait de sa coentreprise avec le fabricant sud-coréen de batteries LG Energy Solution Ltd. au Canada, LG acquérant ses parts. En 2022, Stellantis avait indiqué qu’elle investirait plus de 3,7 milliards de dollars canadiens (50 milliards de dollars américains) dans la construction d’une première grande usine de batteries pour véhicules électriques à Windsor, en Ontario.

En termes de gamme de produits, la société a éliminé plusieurs modèles électriques, notamment l’arrêt de la production du RAM 1500 électrique sur le marché américain, et a reporté le projet de véhicule électrique d’Alfa Romeo en Europe. Cela contraste fortement avec les objectifs ambitieux fixés par l’ancien PDG Carlos Tavares — qui avait promis qu’en 2030, en Europe, seules des voitures électriques seraient vendues, avec une part de 50% aux États-Unis.

Dans le cadre de cette révision stratégique, Filosa a également décidé d’abandonner certains projets d’investissement, notamment une coentreprise prévue dans l’hydrogène.

Stellantis n’est pas la seule constructeur automobile à payer le prix de la demande en véhicules électriques en baisse. Selon Bloomberg, Ford a indiqué en décembre dernier qu’elle supporterait 19,5 milliards de dollars de coûts liés à ses ajustements dans le secteur EV ; General Motors a vu ses dépréciations atteindre 7,6 milliards de dollars ; Porsche a revu à la baisse ses perspectives de performance à quatre reprises l’année dernière en raison de sa stratégie électrique modifiée.

Cette vague de dépréciations met en lumière les difficultés rencontrées par les constructeurs traditionnels dans leur transition vers l’électrique : d’un côté, ils doivent investir massivement pour augmenter leur capacité et leur chaîne d’approvisionnement, de l’autre, l’acceptation par les consommateurs est inférieure aux attentes, rendant le retour sur investissement incertain.

Pressions financières et levée de fonds

En plus d’une perte nette prévue de 21 milliards d’euros, la marge opérationnelle de Stellantis cette année sera également affectée par des coûts tarifaires. La société prévoit une marge opérationnelle annuelle à un chiffre faible, comprenant environ 1,6 milliard d’euros de dépenses liées aux droits de douane.

Pour renforcer sa situation financière, Stellantis prévoit d’émettre jusqu’à 5 milliards d’euros d’obligations. Il s’agit d’une mesure d’autoprotection financière après une perte importante de parts de marché — sous l’ère de l’ancien PDG, la société a vu ses clients partir en raison de hausses de prix, de lacunes dans la gamme et de problèmes de qualité.

La société doit publier ses résultats annuels détaillés le 26 février, et prévoit de présenter sa stratégie aux investisseurs en mai.

Depuis sa prise de fonction en juin dernier, Filosa a lancé une réforme complète de ce constructeur de 14 marques, visant à regagner des parts de marché, tout en réduisant ses ambitions dans l’électrique et en faisant face aux coûts tarifaires aux États-Unis. Sur ce marché clé de la rentabilité, Filosa a promis d’investir 13 milliards de dollars, de relancer la production de V8 et de reporter ses projets électriques. Il a également accru sa part de marché par des baisses de prix importantes.

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